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5 conseils pour devenir millionnaire comme des rappeurs américains





Les années 1970, aux Etats-Unis, furent caractérisées par une violente tension sociale et politique. A l’époque, les ghettos noirs des grandes villes américaines présentaient des taux élevés de chômage, drogue et violence. Dans un de ces ghettos, le South Bronx, à New York, eut lieu la naissance de l’hip-hop.


Initialement, le contenu de cette nouvelle forme d’expression avait surtout un message politique et social. Les rappeurs parlaient des injustices et des inégalités qu’ils vivaient tous les jours dans les ghettos. Au cours des décennies suivantes, la culture hip-hop a beaucoup évolué et aujourd’hui il s’agit d’un des genres, peut-être même du genre, qui célèbre le plus le capitalisme.


La plupart des rappeurs sont issus de milieux très défavorisés, dans lesquels le rap offre la possibilité de s’exprimer, de créer, de montrer ses capacités, de s’amuser. Mais surtout, le rap offre la possibilité de devenir riche, même très riche, et réaliser le rêve américain. Dans leurs textes et dans leurs clips vidéos, les stars de l’hip-hop aiment se vanter d'être des self-made man et revendiquent leur style de vie luxueux.


L’hip-hop est une expression de la culture américaine, qui n’a sans doute jamais caché son appréciation pour la richesse matérielle et le capitalisme. Comparé aux autres genres musicaux qui se sont développés au cours des 50 dernières années, c’est certainement le genre qui entretient les liens plus serrés avec le monde de l’entrepreunariat. Ci dessous vous trouverez une infographie sympa, réalisée par les amis de Market Inspector. Vous y trouverez des conseils des rap-stars pour devenir millionnaire, issus de leurs textes et de leurs vies privées en tant qu’entrepreneur.


Mais comment s’expliquent ces liens entre hip-hop et business? D’abord, rappeurs et entrepreneurs sont des “hustlers”, c’est-à-dire des battants, des gens qui travaillent dur tous les jours pour obtenir ce qu’ils veulent. Ces deux catégories veulent créer quelque chose de nouveau, en partant de zéro. Il s’agit de trouver comment créer de la valeur pour son public et arriver à la diffuser le plus possible dans un environnement très compétitif, caractérisé par la présence d’un grand nombre d’individus avec le même objectif. Les rappeurs, comme les entrepreneurs, doivent donc mettre tous leurs moyens en oeuvre, voir grand et surtout se doter de beaucoup de créativité, persévérance et soif de connaissance.


Si tous les artistes doivent travailler durement pour produire et vendre leurs disques, quel que soit leur genre de musique, les rappeurs ont historiquement rencontré plus d’obstacles pour mettre leur oeuvres sur le marché. Dans un premier temps, les grandes labels de disques refusaient d’investir dans la production et la promotion de ce nouveau genre car considéré pas rentable.


Les précurseurs du rap, comme des entrepreneurs qui essaient de créer un marché pour un nouveau produit révolutionnaire, ont dû vaincre le scepticisme et la résistance des autres institutions du secteur et de l’intérieur de la société. Ils ont été forcés à innover et encore aujourd’hui on trouve des traces d'un tel esprit. Par exemple, Fonky Flav, membre de 1995, un des groupes rap les plus appréciés récemment en France, a déclaré dans une interview que “les gens du hip-hop sont plus débrouillards. On est capable de sortir ​des disques tout seul alors que dans d'autres musiques, les gens attendent plus qu'on vienne les chercher”. Il parle aussi de la mentalité start-up des jeunes groupes, qui ont souvent à choisir entre auto-financer leur croissance ou porter leur projet à une multinationale de l’industrie de la musique pour gagner un contrat.


En plus, pour se faire connaître sur le marché, les rappeurs ont dû devenir des vendeurs pro. Certains l’étaient déjà. C’est le cas, par exemple, de Jay-Z, une icône des rap-entrepreneurs, qui, avant de devenir rappeur, était un petit dealer de drogue. Au début de sa carrière, il vendait ses disques du coffre de sa voiture, garée à un coin de rue, en utilisant les mêmes techniques qu’il utilisait pour vendre la drogue. Aujourd’hui son patrimoine net vaut 610 millions de dollars et semble destiné à s’agrandir encore.


La clé du succès de Jay-Z et ses collègues, en plus d’avoir appris à commercialiser leur musique, est qu’ils ont appris à vendre leur personnalité. Ils sont devenus des experts de personal branding. A la fin des années ‘90, quand l’industrie de la musique s’interrogeait sur son futur après la “crise des disques”, ils ont commencé à diversifier leur business personnel. Ils ont signé de plus en plus de partenariats commerciaux, lancé leurs propres marques et participé au capital d’entreprises prometteuses. Ainsi, ils ont créé des empires commerciaux qui leur rapportent beaucoup plus que leur musique.


En développant des stratégies de cross-marketing, comme citer leurs produits dans leurs textes, les montrer dans leurs clips vidéo ou ceux d’autres artistes amis, les rappeurs créent une identité de marque bien définie. Cette marque finit par coïncider avec la personnalité de l’artiste. Les champions des rhymes sont devenus des pro pour vendre leur style de vie. Ils vendent leur ambition et leur succès, laissant des traces de la foi dans la musique et de la foi dans les affaires commerciales et privées de ces artistes.


Ainsi, par exemple, Jay-Z est propriétaire d’une maison de disque qui vend des millions de disques par an et tous ses albums ont gagné le disque de platine. Quand l’industrie semblait entrer en crise, il a eu le courage d’innover et découvert Drake et Rihanna, deux artistes devenus parmis les plus connus et rentables au monde. En 1999 il avait créé sa ligne de vêtements, Rocawear, qui après 18 mois facturait 80 millions de dollars. Huit ans après, il vendait Rocawear pour 207 millions de dollars. Sa collaboration avec Reebok a permis à la multinationale américaine de produire la chaussure la plus vendue de son histoire. Il est propriétaire d’une chaîne de boites de nuit à succès aux Etats-Unis et a racheté le champagne Armand de Brignac, qui ensuite a connu une croissance incroyable dans ses exportations outre-mer et multiplié la valeur de l’entreprise. Dans ses textes, Jay-Z déclare avec fierté: “I am not a businessman, I am a business man” (“je ne suis pas un homme d’affaires, je suis un business”).


Pour conclure, les rappeurs, longtemps vus comme des criminels et des voyous, sont désormais loin de cette image. Alors que certain thèmes restent typiques du monde du rap, les vrais protagonistes de cette industrie sont des grands entrepreneurs. Leurs textes et leurs vies sont des riches sources d’inspiration et de conseils pour tous les gérants et patrons d’entreprise, les rêveurs et les innovateurs.


Infographie de Market Inspector




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